28/03/2009

I've often seen a cat without a grin ; but a grin without a cat...

Ce n'est pas qu' [elle] aille mal, mais elle mène une drôle de vie, ces derniers temps. Le vide de ses journées se mosaïque d'éternels entre-deux, où ses pensées flottent et passent de l'indifférence à l'hypersensibilité. Elle ne sait plus trop sur quel pied danser et ne cherche même plus à garder la mesure, se laissant bercer par cette cotonneuse indécision qui l'empêche de se décider entre tango argentin ou gigue irlandaise.
A vrai dire, elle ne se sent certaine de qui elle est que lorsqu'elle se coule dans la sphère anormalement chaleureuse de [ses] bras accueillants ; il a cette chaleur enveloppante, pénétrante et rassurante qui lui donne l'impression de s'abriter dans un délicat mais solide cocon, forteresse coupée du monde par la douceur fiévreuse de cette peau et la force de ce torse brûlant. Le torse, la nuque, les pommettes. La peau si tendre derrière le lobe de l'oreille, cet endroit d'où émanent toutes les nuances, puissantes et timides, de son odeur dont elle n'arrive pas à se lasser - et sa bouche de dévaler le cou jusqu'au creux des clavicules, si rond, si profond qu'elle est obligée de tendre les lèvres pour en effleurer le grain. Et ses joues se réchauffent sur sa poitrine, se réchauffent jusqu'à cuire de volupté. 
Il a cette manière de promener ses doigts de pianiste le long de sa colonne vertébrale, cette façon de se jouer de sa chair de poule et de ses frissons, qui la fait immanquablement plonger dans des abîmes de béatitude. Plonger seule, seule avec lui, seule avec sa chaleur et son odeur. Seule avec ses lèvres qui piquent son ventre de baisers. Seule avec ses yeux qui l'observent même fermés. Seule avec la petite musique de nuit que compose sa respiration. Alors, elle ferme les yeux. 

19/03/2009

Pourvu qu'ça dure.

Vous n'avez pas l'impression que tout devient soudainement beaucoup plus simple dès lors que le soleil commence à vous chauffer la peau ? Que tous vos soucis paraissent subitement et étrangement légers, stupides, vains, à partir du moment où l'on se met à passer du temps sur une terrasse, avec des amis, une pinte de bière, un bouquin ? Que l'on se sent renaître à refaire le monde avec des lunettes noires sur le nez ? Que, si la journée commence avec des dilemnes concernant le port éventuel d'une jupe, elle ne pourra être que magnifique, merveilleuse, mirobolante ? Qu'une glace savourée malgré le vent isolent annihile toute l'acreté des mois d'hiver et l'amertume de ses froides indécisions ?

Il fait beau, et c'est le pied.

13/03/2009

Que te reste-t-il de moi ?

Les yeux au ciel, les nuages blancs dans le bleu parfait, le printemps revient, mais un printemps pas comme les autres, un printemps imperceptible et traître qui bouleverse sans que l'on puisse mettre des mots sur ces étranges maux, nulle trace de Dieu au ciel, ces nuages lents dans le bleu défait, puisque tout semble se défaire, se déconstruire, se dénouer, tensions hivernales comme constructions autrefois salutaires, le soleil inonde le ciel, mes jours en hiver passés à t'oublier, et surtout m'oublier, à l'heure où je ne sais toujours pas où je vais, ni qui j'ai l'intention de devenir, et chaque seconde est une poignée de terre, et chaque minute est un sanglot, bien évidemment refoulé, pourquoi pleurer alors que rien ne va mal ? vois comme je lutte, vois ce que je perds, en sang et en eau, en sang et en eau.

06/03/2009

With a heart of glass.

« Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ? [...] Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite – ou mourir. »