Alors ?
Mon indifférence qui me tue, la peur chevillée au ventre de mon indifférence qui me tue, l'enthousiasme débordant de ces instants volés au soleil et à la pluie, le grondement du train sur les rails de mon indifférence, oui, oui, oui, je te veux, je veux le beurre salé de tes larmes, je veux la liqueur de fraise de tes lèvres, pour tuer mon indifférence qui me tue, oui, non, je ne sais pas, c'est l'été et j'en suis folle, folle d'enthousiasme débordant, alors que je ne devrais pas et pourtant je déborde, l'odeur de ma peau chauffée par les rayons, l'odeur de ta peau chauffée par les rayons et la musique de l'océan en musique de fond, j'aime bien, mes délires attisés par ce vent cinglé cinglant, j'aime pas, ce vent attisé par mes délires cinglés cinglants, non, non, non, plus d'indifférence pour cette voix venue d'ailleurs, le bruit du crayon qui gratte le papier, le papier qui se froisse joliment, je te veux, toi l'ivresse de ses mots, toi le flacon de sa gorge, toi le poète aux poèmes froissés, je rêve que mes bras, le vent cinglé qui pèse sur les rideaux gonflés, le matin qui brûle déjà et le sommeil qui pèse encore sur les yeux gonflés, je rêve bercée de mon indifférence, peut-être, je ne sais pas, tu sais toi, l'effluve de la terre mouillée, foins coupés, livres effeuillés dans la musique de l'océan, porte qui claque, oh, courant d'air, oui, oui, non, non, trop de nuages, je veux des fraises, ouvrir mes rideaux gonflés d'orgueil, pétrie de fierté, modelée sculptée, taches d'encres sur des pieds calleux, danse, danse, je te veux, ô douce mélodie de ses soupirs nocturnes, ô toi litanie de ses caresses sur les draps, ô toi, je me sens folle, je me sens saoûle, je me sens, non plus d'indifférence, oui, non, chut.