30/11/2007

« Vive les enfants de Cayenne ! »

J'kiffe Rennes.

Mais, je dois avouer que je n'aurais pu m'attendre à quasiment rien de ce qu'il s'est passé depuis mardi dernier, à partir du moment où j'ai eu Aurélie au téléphone : "Tu arrives quand ? Je suis à la fac, les bloqueurs et antibloqueurs sont en train de se foutre sur la figure." J'arrive ! Ceux qui suivent de près l'actualité savent donc que Rennes 2 a été débloquée mardi matin par les valeureuses [ahem] troupes antigrévistes, menées par notre non moins valeureux Président d'université - qui a au moins fait l'effort d'attendre de se trouver dans le champ des caméras avant de faire semblant de pousser les portes du camp retranché Hall B - cherchez l'erreur. Hall B cependant repris dans l'après-midi, alors que j'essayais de ne pas hurler de douleur après m'être éclaté le genou sur un poteau à la hauteur savamment calculée pour pénétrer la jointure de ma rotule et de mon tibia. Bon, je me suis retrouvée le lendemain matin aux urgences ; au bout de deux heures, l'on m'a gentiment fait comprendre que glace et Doliprane suffiront pour calmer tout ceci... merci docteur, disons que je venais surtout pour faire une radio, bon Dieu je cusse sa mère depuis plus de douze heures, vous trouvez ça normal, vous ?
Me voilà donc partie pour deux jours dans la peau d'une personne à mobilité réduite, comptez dix minutes à boitiller pour un escalier de métro. Mais bon, comme je ne vois pas pourquoi une ridicule petite patte folle de rien du tout - hum, un fémur enfoncé - devrait entamer le moral et l'esprit euh... révolutionnaire aimdéair, de l'handicapée que je suis devenue, je suis le soir même armée de mon plaid rose période contestation CPE avec la ferme intention de camper à la fac. Décidément, ce n'est pas ma semaine ; démotivation générale, on laisse les lieux allumés et grands ouverts. Ce soir, ça sera Les Experts.
Et le lendemain, reprise des cours. Je frise la dépression nerveuse en retrouvant le Hall B grouillant d'arrogants antigrévistes et presque luisant de propreté, comme si rien ne s'était passé ces trois dernières semaines. Allez zou, une tête connue [de la veille], on part en manifestation tous les deux, puisque l'officielle n'a pas daigné attendre que nous terminions nos cours - en fait, on a tourné pendant deux heures pour essayer de la rejoindre mais chut, faut pas le dire. Enfin, ça discute, ça crée des liens, et ça se retrouve à passer l'après-midi le cul collé sur un banc, à attendre un hypothétique comité de lutte et l'annonce surprise d'un partiel d'Ancien Français. Partiel évidemment raté dans les grandes largeurs mais, au point où je me trouvais, autant faire ça bien. Et puis, il faut bien avouer que ce n'était que la parenthèse désagréable d'une journée autrement bien ficelée, terminée dans la nuit rennaise avec un ex-lavallois, un normand et un breton. Et, un sandwich pour unique repas dans le ventre, pari minceur / journée de jeûne réussi(e) !

Maintenant, commentaire de texte médiéval.

27/11/2007

« Ne dites pas non, vous avez souri. »

C'est tout de même dingue, ça... cette envie qui me titille depuis deux jours, cette envie de supprimer chacun de mes posts un par un, tout en savourant avec un plaisir sadique la sensation de mon estomac qui se tord. Mais enfin, pas de panique ; lâche je suis, lâche je reste, et si je dois m'amuser avec la touche Supprimer, cela risque de seulement concerner l'article précédent.
Parce que bon, je ne peux m'empêcher de le relire régulièrement - après tout, il est censé annoncer une sorte de retour de la bonne humeur chez moi - et finalement, il n'est rien moins que chiant. Oui, chiant. J'ai encore joué les pédantes à coller des mots entre eux, me préoccupant plus du hum... de la joliesse que du propos, et voilà le résultat. Bref, lapidez-moi avec entrain, je suis passée du statut de chroniqueuse irrégulière à celui de chroniqueuse chiante. On n'arrête pas le progrès, n'est-ce pas?

La prochaine fois, je n'essaierai pas de rompre avec la monotonie pseudo-dépressive où j'aurai embourbé mon pauvre Macaron ; tant pis, je le laisserai dépérir, cela me fera les pieds. Na.
Pour l'instant, sauvons ce qui peut l'être encore [j'aperçois un fauteuil, là-bas, et un lit... peut-être une bibliothèque ?] pour rebâtir sur les ruines. Et fissa, je vous prie - parce que ce n'est pas qu'il ne me reste que trente minutes de batterie, une illustration à chercher et un titre à trouver, mais un peu quand même. Ah, et puis tant qu'à faire, j'aimerais renouveler mes Murmures en Cuisines, mais le temps me manque pour réouvrir mes bouquins favoris et creuser les textes jusqu'à en extraire la... fleur de sel, dirons-nous, donc je lance un appel à votre générosité et aux textes qui vous ont touchés, ô courageux lecteurs des miettes rances qui caractérisent à présent ce lieu ! Et si, accessoirement, certaines personnes ont l'incipit d'Hannah sous la main, je vous en serai fort reconnaissant de me le communiquer.

Je crois que je vais briser là, et tant pis pour l'illustration sus-citée, ma nuit risquant d'être plus courte que les précédentes - oui, je me lève plus tôt pour aller me faire matraquer par la Compagnie Républicaine de Sécurité [maintenant que je sais ce que signifie CRS, je peux crâner], et alors ?

* Jacques Prévert.

24/11/2007

« Who need reasons when you've got heroin ? »

J'aurais bien envie de pondre un texte à la Trainspotting, vous savez, Choose life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fuckin' big television. Rien que pour le martèlement du rythme ; seulement, je ne peux y plaquer la voix d'Ewan McGregor et la mienne fait bien pâle figure. Alors, il va bien falloir que je me contente de ce que je possède. Et la transition sera rapide.

Putain demain c'est l'hiver, la tête m'en tourne et mes doigts sont gourds, mais qu'importe ? Puisque enfin, je m'amuse et je me moque du reste, je ne réfléchis plus et d'ailleurs, tant mieux. J'avais oublié l'ivresse de l'oubli, la griserie de la folie, les joies des simples journées et d'encore tant d'autres plaisirs dont je redécouvre la culpabilité chérie. Mon coeur déborde de tout un tas de stupidités sentimentales, in the mood for love, oui ! J'aime la sensation de ma tête en l'air et le goût de mon effronterie [je sais pourquoi je me lève le matin et pourquoi je me couche le soir], je me délecte de mes épuisements de manifestante et savoure le fait que rien, ni rien ni personne, ne pourra m'empêcher de continuer à être celle que j'ai envie d'être.

Choose life.

18/11/2007

« A l'humanité leur illusion particulière. »

Ce n'est pas que je n'ai rien à dire, non. Il y a tant à raconter sur ces froides journées de novembre que je pourrais avoir de la matière pour un article quotidien, voire deux.
C'est juste que je manque d'envie ou de motivation, allez savoir. Ou peut-être est-ce mon incapacité à écrire qui gagne du terrain ? Cela va bientôt faire un an que je n'ai plus rien produit, sur le plan littéraire. Je n'y pense guère, mais cela suinte constamment au fond de mon esprit, creusant chaque fois un peu plus la roche déjà aisément friable donc je suis faite. Oui, il faudrait que je me pose des questions sur ce désert créatif, cette terre autrefois si fertile et si fleurie. Mais enfin, je crois que je n'aime pas tellement m'apitoyer sur mon sort, malgré les apparences. J'enferme ce qui ne va pas dans un coin de moi-même et tente d'en faire abstraction. C'est comme cela que je fonctionne, me semble-t-il, et tant pis pour le jour où tout resurgira avec la violence que j'imagine.

Peut-être aussi que je me monte la tête inutilement. Peut-être que finalement tout va bien, puisque tout va bien.
Je viendrais m'épancher sur mes déboires à grands coups de phrases éplorées, quand j'aurais de quoi.

* Maupassant

04/11/2007

« Juste avant que je... »

Et me voilà, toute perdue. Bourrelée de remords, presque épuisée mentalement d'avoir trop réfléchi. Et réfléchi en vain, voilà le pire. Je sais pourtant ce qui ne va pas, je sais bien où est le problème ; mais j'ai beau le tourner et le retourner dans tous les sens possibles, je n'arrive pas à comprendre par quel bout l'attraper. Je veux bien admettre mon énorme part de responsabilité, mon incapacité à oser prendre les devants, mon foutu complexe d'infériorité et mon défaitisme caractéristique, mais bon sang ! à quoi cela sert-il si je ne suis pas capable de travailler là-dessus pour réussir à les dépasser ? Je me perds en pensées parasites, autoflagellation sur le sujet du comment c'était bien avant et surtout, du comment je n'ai pas réussi à sauvegarder tout cela.
J
e n'aurais peut-être pas dû replonger dans ces souvenirs délibérément enfermés à double tour dans un coin de mon esprit mais enfin, c'était inévitable... Il faut bien juger le passé pour appréhender l'avenir, non ? Peut-être que je manque de recul. Peut-être que je devrais tenter de faire abstraction de tout ce qui remonte à la surface.
Si seulement. J'aimerais ne pas avancer dans un terrain si brumeux, savoir où je mets les pieds. J'aimerais savoir à quoi m'attendre, et pas seulement de mon côté. J'aimerais que le trajet soit facile, et j'aimerais ne pas souffrir à l'arrivée. J'aimerais réparer les éventuelles erreurs.
Pourquoi ? Mais, parce qu'encore au bout de douze mois, je l'... Non, désolée. Je n'ose pas.

"Récemment, je me suis fait la réflexion
Finalement, notre séparation
C'était y'a longtemps, c'était y'a un an"