28/07/2009

Amen.

Le problème n'est pas tant le fait que cela n'aille pas, mais bel et bien l'impression persistante que les causes et raisons du Mal ne cessent de s'échapper et de se déliter sans que je ne parvienne à en saisir plus qu'une ombre, vaguement représentative des méandres de ce Mal qui me ronge sournoisement depuis quelques semaines déjà.
A l'origine, il y a cet énoncé terriblement banal et ô combien éculé, seriné par les dépressifs de toutes les civilisations depuis l'invention du mal-être : n'être qu'un(e) raté(e). Je pense que tout un chacun a déjà vécu un moment où l'on croit ne pas valoir plus cher que sa peau, et qu'il vaudrait mieux pour tout le monde que l'on se taise et que l'on aille s'enterrer six pieds sous terre afin que la Terre tourne mieux avec une personne de moins - et quelle personne ! Et c'est de ce topos affectif que s'élancent toutes mes larmes et mes nausées, ces traîtresses qui n'attendent que l'instant fatidique où je serai seule dans l'obscurité pour venir me torturer à l'envi.
C'est terrible de n'être qu'à l'aube de ses vingt ans, et d'avoir déjà déçu toutes les attentes adolescentes, évidemment idéalisées mais aux onces de vérités, que l'on a investies sur la personne que l'on devait être. De se rater, de ne pas aimer ce que l'on a pu devenir. L'affligeante et fatale déception du coeur.