17/10/2008

Et je me suis réveillée vieille...

Je suppose qu'elle a perdu ses repères durant les mois qui ont précédé l'automne, et qu'elle ne va pas si bien qu'elle veut en donner l'impression. Il y a ces éléments, n'osons pas encore le terme de symptômes, qui pourraient paraître anodins s'ils étaient pris individuellement mais qui, dès lors qu'ils sont réunis et mis bout à bout, ne laissent plus guère de place à la traditionnelle valse des hésitations. Elle-même n'est plus très sûre de savoir si elle va bien, elle tient bon dès qu'elle a de la compagnie, du public dirons-nous, mais préfère se noyer dans des lectures qui ne lui servent qu'à esquiver un inéluctable tête-à-tête avec ses pensées. Elle se dit que c'est le changement de saison, qui l'a déjà marquée de son sceau de tristesse les deux années précédents, elle se dit que c'est ridicule d'être à ce point influencée par le calendrier et les rumeurs automnales, mais elle sait surtout qu'il n'y a pas que cela. Sa vie se désagrège d'un côté alors qu'elle se construit de l'autre, si ce n'est pas malheureux de tels paradoxes, être heureuse dans ses bras alors qu'elle ravale larmes et pensées dès qu'elle les quitte et se retrouve seule.
Je ne sais pas si elle va se laisser abattre, ce serait stupide d'abandonner de la sorte alors que de nouveaux horizons pourraient s'offrir à ses yeux si elle prenait la peine de les regarder en face, mais je présume que c'est la première fois que cela sera aussi difficile de se relever, malgré la présence des autres, et surtout de cet autre, qui lui permettent de penser à autre chose et donc de repousser cette chute annoncée. Oui, elle préfèrerait peut-être s'amputer de son bras droit plutôt que de dévoiler à quelqu'un d'autre qu'elle-même son spleen et sa voix gonflée de sanglots tus, parlons de fierté si vous le voulez, mais il me semble qu'elle a surtout peur des regards extérieurs qu'elle imagine obligatoirement exaspérés ou moqueurs. Je crois qu'elle a dans la tête ces mots qu'elle se plaisait à répéter en des temps plus gais, Advienne que pourra.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je t'offre un élixir de jeunesse, s'tu veux. Même si à ta place, j'attendrais d'être vraiment vieille pour le boire =D.

Puis tiens (http://www.deezer.com/track/46015), tes derniers mots m'y ont fait penser.

Commentaire décalé par rapport à ce message plutôt triste, je sais =). Je voulais éviter les phrases clichées, telle que "ça passera" (eh zut). Garde tes deux bras, et prend ta vie en main =D.

Gavroche a dit…

Nous percevons toujours ce qui est nouveau à travers nos lunettes du passé, et notre vue s'y déforme. S'en désespérer est humain, dépasser cette incertitude est surhumain.