17/08/2008

(mais peut-être pas tout à fait, puisque j'ai des mots gros comme les rubis de Perrault qui gonflent ma poitrine, des mots si gros qu'ils ne peuvent passer l'épreuve de ma gorge - et pourtant, je suis encore là. Là, coincée avec mon oisiveté poliment ennuyée de vacancière [ajouter ici l'adjectif qui vous paraîtra le plus approprié]. Ma vie part en lambeaux, je perds mes repères mais peut-être est-ce cela que l'on appelle grandir, ce terme galvaudé à prononcer d'un ton bien évidemment entendu, si ce n'est condescendant. Je me bats contre la vie et ses détours, les noeuds qu'elle forme avec une jouissance sadique ; si seulement l'on pouvait considérer comme armes mon cynisme de façade et mon avidité de libertés, j'aurais depuis longtemps posé un pied triomphant sur la carcasse de l'adversité aveugle et stupide. Mais, les journées s'écoulent et je me contente de patiemment cisailler les toiles d'araignées qui masquent l'horizon de cette fin de mois d'août, tout en quémandant un peu d'affection d'attention. Et je crois que le pire, dans toute cette histoire, c'est que je parviens à être heureuse réellement bien - pour la gaieté, on avisera plus tard, le mois de septembre et ses nouveaux horizons ne sont pas encore arrivés - en m'échappant de ce cocon filandreux, amer, qu'est devenue ma vie de famille. Si seulement tous ces noeuds ne me maintenaient pas dans des arrières que je refuse avec un entêtement absolument coupable, je crois que j'aurais pu, depuis longtemps, passer à autre chose. Alors grandir, ce serait découvrir les limites de son égoïsme ? Si seulement - si, si, si... - il n'y avait que moi, si seulement j'étais seule, je n'aurais aucun scrupule à détruire ce qui a été bâti à mon égard, puisque ces constructions n'ont plus lieu d'être et que, de toute manière, je les refuse pour ce qu'elles sont devenues)

(pardon d'être heureuse en ces temps troublés)

(pardon d'être égoïste - mais j'en ai besoin)

1 commentaire:

A Stranger In The Sky a dit…

Faut-il te souhaiter bon courage ou simplement compatir ? Peut-être aussi, si je peux me permettre, te donner un conseil. Quand quelque chose t'égratigne le moral depuis trop longtemps jusqu'à y faire une entaille profonde, n'aie pas honte de prendre tes distances. Regarde la situation de loin, détachée, sans te sentir égoïste ou coupable de penser "c'est leur problème".

Au bout d'un moment, on finit par comprendre qu'on y peut rien dans tout ça et que ces mêmes choses n'ont pas le droit de nous saper le moral.

Et ne t'excuse surtout pas d'être heureuse malgré tout. La déprime, c'est du temps perdu.

Pardon pour ce futile commentaire qui t'énonce ce que tu savais déjà... =D