The Motorcycle Diaries.
Je m'excuse auprès de tous ceux à qui j'avais - plus ou moins - promis l'envoi d'une carte postale estampillée Hispanie ; ils devront, je le crains, se contenter de ce bref compte-rendu.
Nous revînmes donc en fin de journée de notre voyage en Espagne, où nous eûmes un temps maussade, parfois éclairé de quelques timides rayons de soleil. Le trajet fut long, divisé en deux parties (nous fîmes escale à Agen), qui m'épuisèrent tout particulièrement. Notre objectif n'était autre que Barcelone, capitale de la Catalogne, ville enchâssée entre les montagnes et la mer. J'y ai aimé la plaça Reial, ses arcades à l'ancienne, ses facades d'ocre et ses volets à clairvoies, qui me transportèrent plusieurs siècles en arrière, à une époque où les glaciers n'y faisaient certainement pas fortune. Plus généralement, je retiendrai la vieille ville, ce Barri Gòtic au parfum d'éternité et aux petites ruelles presque vénitiennes. Je n'oublierai pas non plus la magnifique Sagrada Familia, fol édifice perché sur de sublimes et démesurées ambitions, dont les sculptures torturées ou tortueuses, je ne sais, m'émurent autant qu'elles m'enthousiasmèrent.Nous nous promenâmes également dans Sitges, tropézienne petite cité balnéaire. J'y admirai l'antique boutique, toute droit sortie d'un siècle révolu, tenue par une vieille demoiselle, qui exposait de minuscules et vénéneuses fioles d'argent aux entournures finement ciselées, des bijoux patinés par les années, d'anciens éventails soigneusement ouvragés, ou encore divers pantalons de dentelle et autres bottines de cuir.
En définitive, si les réels instants de plaisir furent rares, ils ne furent cependant pas absents de ce voyage doux-amer, dont je reviens fatiguée - et un peu inquiète quand à mon état de santé.

3 commentaires:
Et voyager ainsi, le temps de quelques lignes à Barcelone.
Seule, presque avec toi puisqu'avec tes mots.
Baisers tendres.
Well written article.
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