11/12/2007

« Adieu mes quinze ans... »

L'on peut trouver beaucoup à redire au concept du blog, mais il est une chose que l'on ne peut guère nier, c'est que c'est foutument pratique pour les retours en arrière.
Prise par je ne sais quelle envie, entre deux fiches de Linguistique, je suis retournée sur le blog de la Lorelei Lee que j'ai été pendant tout de même deux ans (blog que vous pouvez toujours consulter, même si un bug du serveur a supprimé tous les articles de la dernière période). Et bien, ça m'a fait tout drôle. Rien à voir avec le sentiment amusé que l'on peut avoir en réouvrant de vieux journaux intimes datant du collège, du genre de ceux où l'on couche sur le papier de mièvres rimailles et la présentation de sa classe inspirée par la description de celle d'Anne Frank, bouquin que l'on a bien évidemment lu de son plein gré et a-do-ré. Non, c'est plutôt l'impression que, merde alors, en presque trois ans j'ai tout de même bien changé.
Evidemment, il y a eu ces deux années de maturité amoureuse dont je ne me remets encore qu'à peine, et puis il y a eu le lycée, le bac, l'université, mes premières vraies tristesses. Je suppose que c'est ça, grandir ; ça doit être pleurer, aimer, et rire. Laisser des morceaux de soi en chemin, pour aller se rafistoler, se construire au prochain carrefour.
Mais, lorsque je relis certains textes, je me dis tout de même que j'ai dû me perdre en route.

"J'ai envie d'aventures trépidantes, d'horizons lointains, de combats à l'épée, de fuites à cheval, de rencontres mystérieuses, de femmes fatales et de traîtres cyniques. J'ai envie de robes à paniers, de corsets et d'informations glissées sous l'éventail. De piraterie dans le golfe du Mexique, d'abordages, mousquet et rapière à la main, de ration de tafia pour accompagner le salmigondis, de corvettes, de flûtes et de frégates. J'ai envie de Woodstock, de pogos, de Jimi Hendrix, de boue et de weed. J'ai envie de Nouveau Monde, de Far West et de duel, colt contre colt. Du Vieux Continent, de reines superbes et machiavéliques, de duchesses hypocrites et de plaisirs simples. J'ai envie d'un hiver en Russie, de valses sous les ors du palais du tsar et de discussions littéraires avec un beau colonel inconnu."

J'ai beau chercher, je ne retrouve plus cette Anna-là. Certains me diront que tant mieux, je suis redescendue sur terre et revenue à la réalité de notre époque mais moi, je trouve ça triste. Parce que finalement, je crois que c'est ça, grandir. C'est perdre ses illusions de jeune fille qui a trop dévoré de romans, c'est ne plus croire au merveilleux. Bien sûr, je pleure encore toutes les larmes de mon corps en lisant Autant en emporte le vent, mais je n'espère plus la rencontre d'un Rhett Butler, ni les frous-frous des robes à crinoline.

"Parce que c'est toujours comme ça. On finit par se lasser."

Mais enfin, qui sait ? Il suffirait peut-être que je me remette à lire pour renouer avec cette partie de moi que j'ai laissé dépérir. J'aime encore trop la vie pour oser croire à la fin de mon romantisme écervelé, j'ai encore trop à découvrir pour laisser de côté mes espoirs littéraires.
Toutefois, ne soyons pas totalement pessimistes. Je crois qu'il reste encore un embryon en moi de la lycéenne que j'ai pu être...

"Blonde. Chieuse. Opportuniste. Superficielle. Vénale. Bavarde. Irréfléchie. Mesquine. Illogique. Profiteuse. Fatiguante. Impatiente. Déraisonnable. Tête en l'air. Jamais contente. Critique. Méchante. Egoïste. Présomptueuse. Ignoble. Limite boulimique. Dépensière. Egocentrique. Narcissique. Pourrie gâtée. Allumeuse. Emmerdante. Lourde. Envieuse. Colérique. Insupportable. Violente. Gourmande."

3 commentaires:

A Stranger In The Sky a dit…

Si une chose n'a pas changé, c'est bien ton don pour l'écriture =).

Anonyme a dit…

Blonde.
=> Il était temps que tu t'en rendes compte :D

Chieuse.
=> C'est normal de faire caca tu sais.

Opportuniste.
=> Tu l'es moins que la plupart, c'est déjà un miracle en soi.

Superficielle.
=> C'est une manière détournée de dire "grosse" ? :D Dans les deux cas, pas du tout :)

Vénale.
=> Ca m'étonnerait beaucoup.

Bavarde.
=> Ben voilà, encore une qualité.

Irréfléchie.
=> Roh, question de point de vue.

Mesquine.
=> Si c'est au pieu, ça me gène pas du tout, au contraire. Sinon, ça me gène pas plus que ça non plus xD

Illogique.
=> Le monde est illogique, l'Homme aussi, jserais jaloux que tu sois différente.

Profiteuse.
=> Voire réponse précédente xD

Fatiguante.
=> Tu m'as jamais fatigué. Bon après on a rien fait de sexuel, donc jm'avancerais pas :D

Impatiente.
=> Way cool \o/ Oublie pas de me prévenir quand tu es impatiente de te marier avec le premier venu.

Déraisonnable.
=> Trop de lettres dans ce mot.

Tête en l'air.
=> C'est toujours mieux que dtc.

Jamais contente.
=> Cparce que tu vis pas avec moi *sors*

Critique.
=> Le monde serait chiant sans gens qui disent ce qu'ils pensent.

Méchante.
=> Tu l'as jamais été avec moi.

Egoïste.
=> Comme tout le monde, toi bien moins que les autres.

Présomptueuse.
=> Trop de consonnes :D

Ignoble.
=> Han, j'avais lu vignoble. Pis oh, t'es pas ignoble du tout O_o

Limite boulimique.
=> Imagine si t'avais pareil pour le sexe, on dirait que t'es une nympho, c'est bien plus dégradant :D

Dépensière.
=> Ben l'argent c'est fait pour ça en même temps.

Egocentrique.
=> Y a que ça de vrai toute façon.

Narcissique.
=> Ca passe avec le temps parce qu'alzheimer te fera même oublier que tu es importante.

Pourrie gâtée.
=> Ca va, tu tiens encore en un seul morceau et tes seins pendent pas.

Allumeuse.
=> Oh la, oh la, pourquoi tu l'es jamais avec moi ? :D

Emmerdante.
=> Tseuh >< Si c'était vrai j'essaierais pas de te parler.

Lourde.
=> Encore une manière de dire grosse ? :D

Envieuse.
=> Tout le monde aimerait être moi, c'est normal.

Colérique.
=> Jveux voir ça !

Inuspportable.
=> Inus ? :D En tout cas tu l'as jamais été avec moi, c'était même le contraire.

Violente.
=> Le check des seins, c'est vrai que ça fait mal.

Gourmande.
=> Mouahahahaha. ne pense à rien NL, ne pense à rien. C'est bon :D

Anonyme a dit…

*sur un air de black sabbath et de led zep'*

Malgré tout, je trouve que la désillusion a quelque chose de jouissif, qu'elle apporte quelque chose de plus aigu aux perceptions familières, une profondeur au silence et quelque chose de plus précieux au quotidien. Je n'ai jamais réussi à dépasser les cinquante premières pages de la Recherche du temps perdu, mais en dégustant ces phrases interminables avec une petite cuillère, je sais pas, j'ai eu l'impression que la mélancolie avait mille nuances de plus que le bonheur, si grisant qu'il puisse être.

'fin voilà, j'étais déjà tombée sur tes textes au détour d'une étagère de la Bibli (les Désaxés), et j'apprécie autant la qualité de ta plume en mode fiction qu'en mode blog (aucun autre terme ne me vient à l'esprit).

Ceci n'était absolument pas une tentative de comparaison foireuse avec Proust. Proust reste Proust et Malixia bin... c'est Malixia.